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BRIGIT BER
« Bribes » - 2001
Peaux, surfaces et contenants, faces sans dedans, mes enveloppes s’exposent et le modèle se dérobe. Ego revêtu, « je » de tissu, j’emprunte et apprête des impressions tissées, rapiécées, cousues ou brodées. De ce jeu, le corps perd corps et compose sa peau. Des bribes du corps ne subsistent que mues, matières et traces. Observant la pose, la matrice se moule et ne se ressemble pas.
La peau exhibe. Unique sens à être l’objet de tous les autres, la peau se voit, se sent. Frottée, touchée, confrontée à des éléments extérieurs, elle s’entend. Transitive ou intransitive, elle touche autant qu’elle peut être touchée. Et surtout, avant d’être odorante, sonore, tactile, ou simplement visible, elle porte et transporte l’apparence d’un corps. Elle est ce qui s’expose aux autres, à leurs désirs et à leurs rejets.
Se mouler, fabriquer, transposer, confondre, envelopper sans recouvrir, sans nier.
En laissant présente l’absence du corps par une sorte de mémoire de la forme, je figure. Des empreintes brutes, dupliquées ou déformées apparaissent. Je pose et m’expose. De mon corps je propose d’autres peaux, en « peaussière » je peaufine. |