Hélène Delaporte
Chapelle des Carmélites, Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis - "Question de Chapelle - Point de vue n°6"
05-05 au 05-06-2006 - 22 bis, rue Gabriel Péri 93200 Saint-Denis
ouverte aux heures du Musée : 01 42 43 37 57
Sans titre, Gisante, 2006
Projection in situ, Chapelle des Carmélites, Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis, 128 x 247 x 64,50 cm, avec la collaboration de Juliette Delaporte
Une petite salle recluse, au fond à gauche, plus modeste par rapport au reste de l'édifice présente Gisante de Hélène et Juliette Delaporte. Il s'agit d'une projection diapositive d'un couple de gisants. Ce travail évoque bien sûr les célèbres gisants de la Basilique Saint-Denis. Quelle énigme que la représentation à l'aide de l'image projetée, flottante, du corps du mort conventionnellement sculpté dans la pierre. Deux corps identiques anamorphosés sont couchés l'un près de l'autre. Une seule différence, mais de taille, s'exhibe discrètement : un léger décalage entre les deux visages féminins agrandis, disproportionnés par rapport au reste du corps. Une bouche fermée et silencieuse d'une part à gauche, une bouche légèrement entrouverte d'autre part à droite. Une curieuse Ophélie, bicéphale, pour laquelle un tombeau exceptionnel aurait été couché, en regard de son acte blasphématoire, en hommage à sa beauté éternelle et lumineuse.
Ce montage des visages, à peine différents, crée un micro mouvement saisissant. Le gisant, traditionnellement, se montre exposé sur sa pierre tombale, dans ses plus beaux atours, en pleine vie. Sa posture est celle de l'orant couché ou agenouillé. Dans le cadre de la projection, le micro mouvement créé par l'entrebâillement de la bouche rappelle cet entre-deux troublant de l'instant entre la vie et la mort. Cette dernière installation s'attache à la notion d'intervalle : certains morceaux de temps ne peuvent être pensés, compris. Peut-être peuvent-ils s'exposer dans un lieu « au-delà » de l'anecdotique du temps humain.
Juliette BACON